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Au cœur de l’île bénie de Bali, un trésor d’une beauté exquise réside dans les rizières luxuriantes, dansantes au rythme d’une irrigation ancestrale, le Subak. C’est bien plus qu’un simple système d’irrigation, c’est une organisation communautaire chaleureuse qui régule avec ferveur la culture du riz dans l’archipel indonésien.

Le Subak, gardien des rizières balinaises, est imprégné de la sagesse hindoue, une harmonie mystique avec la nature, pour une récolte florissante. Au cœur de ce système, un temple vénéré, le Pura Uluncarik ou Pura Bedugul, érigé avec amour par les propriétaires terriens et les vaillants agriculteurs. Il est dédié à Dewi Sri, la déesse de la prospérité et de la fécondité selon les croyances balinaises.

Soutenu par un leader traditionnel, le Pekaseh, qui est lui-même un cultivateur passionné, le Subak est devenu l’essence même de Bali. Les experts agricoles du monde entier reconnaissent ce joyau agricole, dont John S. Amber (1990), qui l’a acclamé comme un principe de gestion de l’irrigation supérieur et avancé. Une preuve que cette pratique agricole a traversé les siècles en conservant sa durabilité et qu’elle continue à fleurir dans la culture des communautés rurales balinaises.

Les racines du Subak plongent profondément dans l’histoire de Bali, remontant au XIe siècle de notre ère. Des inscriptions anciennes, comme la Raja Purana Klungkung (994 Saka / 1072 apr. J.-C.), font mention du mot “kasuwakara”, à l’origine du terme “suwak”, qui évolua plus tard pour devenir “subak”.

Les manuscrits sur feuilles de palmier, les Lontar, relatent également l’origine du village et du temple de Besakih, offrant des récits détaillés sur l’agriculture, l’irrigation et le Subak. Des témoignages précieux qui confirment que le Subak existait bien avant la fondation du temple de Besakih par le Sage Markandeya au début du XIe siècle.

Le Subak est plus qu’un simple système d’irrigation, c’est une organisation à but non lucratif qui régule avec précision la distribution de l’eau pour chaque parcelle de rizière. Une structure stratifiée où chaque membre occupe un rôle spécifique et indispensable.

Pekaseh (président du Subak), Petajuh (vice-président), Penyarikan (secrétaire), Petengen (trésorier), Kasinoman (messager), sans oublier le groupe des Munduk, composé de 20 à 40 fermiers, dirigé par un Pengliman. Tous, acteurs d’une symphonie agricole rythmée par des rituels sacrés.

Le Subak danse au son des rituels religieux, des offrandes délicates offertes à la terre. Chacune des étapes de la culture du riz est marquée par des cérémonies individuelles, comme le “ngendangin” (la première fois où la terre est labourée), le “ngawiwit” (le semis des graines), le “mamula” (la plantation) et bien d’autres encore.

Mais ce ne sont pas que des rituels individuels, car le Subak rassemble aussi les cœurs de ses vaillants agriculteurs lors de cérémonies de groupe, au niveau du Munduk ou du Tempek. Le “mapag toya” est une symphonie aquatique visant à nettoyer les canaux d’irrigation. Le “mecaru”, quant à lui, préserve l’harmonie entre l’homme et l’environnement, tandis que le “ngusaba” offre une célébration salvatrice pour la sécurité du village et du Subak.

Ainsi, le Subak est bien plus qu’un simple système d’irrigation. C’est un hommage vibrant à la nature, une symphonie sacrée qui unit les âmes balinaises à leur terre bénie. Tandis que le monde moderne s’efforce de trouver l’équilibre avec la nature, Bali, à travers le Subak, montre la voie, comme une mère aimante prodiguant à ses enfants les secrets de l’harmonie agricole et spirituelle.